Le musée Guimet — l’Asie au cœur de Paris

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Le musée Guimet, Paris
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Un serpent aux têtes multiples dressé à l’entrée, gardien d’un temple d’Angkor ; le visage apaisé d’un roi bâtisseur du Cambodge ; des ivoires délicats enfouis pendant près de deux mille ans en Afghanistan ; des porcelaines impériales de Chine ; des estampes japonaises où déferle la vague de Hokusai. Le musée Guimet, place d’Iéna, rassemble cinq mille ans d’art asiatique, de l’Afghanistan au Japon, dans l’une des plus importantes collections du monde.

Musée national des arts asiatiques, Guimet est né de la passion d’un homme : Émile Guimet, industriel lyonnais fasciné par les religions de l’Orient, qui parcourut l’Asie à la fin du XIXe siècle et fonda d’abord un musée à Lyon avant de l’installer à Paris en 1889. Enrichi au fil du XXe siècle par des missions archéologiques et par le transfert des collections asiatiques du Louvre, il conserve notamment la plus grande collection d’art khmer hors du Cambodge.

C’est un musée que l’on peut parcourir comme un voyage. D’étage en étage, on passe de l’Inde à l’Asie du Sud-Est, de l’Himalaya à la Chine, de la Corée au Japon, en suivant la diffusion des formes, des techniques et surtout du bouddhisme, qui a relié toutes ces civilisations pendant des siècles. Les salles, lumineuses depuis la rénovation du début des années 2000, se prêtent à une visite calme et contemplative, loin de l’affluence des grands musées du centre.

Ce guide vous présente l’histoire du musée, l’organisation de ses collections, cinq œuvres à ne pas manquer et toutes les informations pratiques pour préparer votre visite.




Émile Guimet naquit à Lyon en 1836, fils d’un chimiste qui avait fait fortune en inventant un bleu d’outremer artificiel. Industriel prospère, il était aussi un esprit curieux, passionné de musique, d’Égypte et surtout d’histoire des religions. C’est cette passion qui le poussa, en 1876, à entreprendre un grand voyage autour du monde, qui le mena au Japon, en Chine et en Inde.

Il en rapporta des centaines d’objets — statues, peintures, objets de culte — et surtout un projet : créer un musée consacré aux religions de l’Asie, qui serait aussi un centre d’études. Le premier musée Guimet ouvrit à Lyon en 1879. Mais Guimet voulait toucher un plus large public, et il transféra ses collections à Paris, dans un bâtiment construit pour elles place d’Iéna, inauguré en 1889, l’année de l’Exposition universelle.

Le musée devint rapidement un lieu de la vie intellectuelle parisienne, fréquenté par les orientalistes et les artistes gagnés par le japonisme. Sa célèbre bibliothèque en rotonde accueillit conférences et cérémonies ; c’est là qu’en 1905 une danseuse encore inconnue, qui se faisait appeler Mata Hari, donna l’une de ses premières représentations publiques.

Au XXe siècle, le musée changea de nature. Les grandes missions archéologiques françaises en Indochine et en Afghanistan l’enrichirent de pièces majeures, et, en 1945, une vaste réorganisation des musées nationaux lui confia les collections asiatiques du Louvre, tandis que ses objets égyptiens partaient vers ce dernier. Guimet devint alors le musée national des arts asiatiques. Entre 1996 et 2001, il fut entièrement rénové et ses salles ouvertes à la lumière naturelle.


Les collections, qui couvrent près de cinq mille ans, sont présentées par grandes aires géographiques, sur plusieurs niveaux.

Le rez-de-chaussée est dominé par l’art khmer, le point fort le plus spectaculaire du musée. Sculptures monumentales, divinités hindoues et bouddhiques, éléments d’architecture issus d’Angkor et des grands sites cambodgiens retracent l’histoire de l’empire khmer du VIe au XIIIe siècle. On y trouve aussi l’art de l’Inde, du Vietnam, de la Thaïlande et de l’Indonésie, avec des bronzes et des pierres sculptées d’une grande finesse.

Aux étages, le parcours se poursuit vers l’Afghanistan et le Pakistan, où l’art du Gandhara offre une rencontre fascinante entre la sculpture grecque et l’iconographie bouddhique : des bouddhas drapés comme des statues antiques, nés de l’héritage d’Alexandre le Grand. Viennent ensuite l’Himalaya, avec les peintures et bronzes du Népal et du Tibet, puis l’Asie centrale et les peintures bouddhiques de Dunhuang.

La Chine occupe une large place, des bronzes rituels archaïques aux céramiques des Tang, des peintures sur rouleau aux porcelaines impériales. La Corée, trop rarement présentée dans les musées européens, y dispose de salles propres. Le Japon, enfin, est évoqué par ses sculptures, ses paravents, ses laques et ses estampes, qui fascinèrent les impressionnistes. L’ensemble forme un panorama sans équivalent en France.


À quelques pas du musée, au 19 avenue d’Iéna, l’hôtel d’Heidelbach abrite la Maison Guimet, une annexe consacrée au bouddhisme.

On y découvre le Panthéon bouddhique, qui présente les objets religieux rapportés du Japon par Émile Guimet lors de son voyage de 1876, dans une mise en scène proche de celle qu’il avait voulue. Derrière l’hôtel s’étend un jardin japonais, avec son pavillon de thé, havre de calme au cœur du 16e arrondissement.

L’hôtel ne se visite plus librement : l’accès se fait uniquement en visite guidée, sur réservation, les jeudis, samedis et dimanches à 11h, avec une séance supplémentaire le dimanche à 14h30 d’octobre à décembre. La visite donne également accès aux collections du musée principal.

Le musée d’Ennery, autre annexe installée avenue Foch dans l’hôtel d’une collectionneuse du XIXe siècle, est quant à lui fermé pour travaux depuis décembre 2025.


Parmi les dizaines de milliers d’œuvres du musée, voici cinq incontournables. Ces œuvres anciennes étant dans le domaine public, elles sont librement reproductibles.

Dès l’atrium, ce serpent mythique aux têtes dressées en éventail accueille le visiteur. Il bordait autrefois la chaussée d’accès d’un temple cambodgien, où il symbolisait le passage entre le monde des hommes et celui des dieux. C’est l’emblème du musée.

Le plus grand roi bâtisseur d’Angkor, fondateur du Bayon, représenté les yeux mi-clos, le visage empreint d’une sérénité méditative. Ce portrait idéalisé d’un souverain bouddhiste est l’un des chefs-d’œuvre de la sculpture khmère.

Découverts par les archéologues français dans deux salles murées d’une ancienne cité afghane, ces plaquettes et statuettes d’ivoire sculpté, d’origine indienne, ornaient des meubles de luxe. Leur finesse et leur sensualité témoignent des échanges intenses le long des routes de la soie.

Des milliers de pièces, des céladons aux porcelaines bleu et blanc et aux « familles verte et rose » des empereurs Qing, données au Louvre en 1894 par le collectionneur Ernest Grandidier, puis transférées à Guimet en 1945 : l’une des plus belles collections de céramique chinoise d’Europe.

Le musée conserve un fonds important d’estampes ukiyo-e, dont des œuvres de Hokusai et un tirage de La Grande Vague de Kanagawa. En raison de leur fragilité à la lumière, elles sont présentées par roulement : vérifiez sur le site du musée ce qui est exposé avant votre venue.


Le musée se visite dans le calme, loin des foules. Vérifiez toujours les informations à jour sur le site officiel avant votre venue.

Durée de la visite

Comptez deux heures pour parcourir l’ensemble des collections, une heure et demie si vous ciblez quelques aires — l’art khmer et le Japon, par exemple. Ajoutez une heure pour la visite guidée de l’hôtel d’Heidelbach.

Horaires

Le musée est ouvert tous les jours sauf le mardi, de 10h à 18h. La billetterie ferme à 17h15. Il est fermé les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre ; les 24 et 31 décembre, les salles ferment à 16h45.

Tarifs

Le plein tarif est de 15 euros, le tarif réduit de 12 euros. L’entrée est gratuite pour les moins de 18 ans et pour les résidents de l’Union européenne de moins de 26 ans. La visite guidée de l’hôtel d’Heidelbach se réserve à part.

Quand venir

Guimet est l’un des grands musées parisiens les moins fréquentés : on y circule aisément en semaine comme le week-end. Les matinées restent les moments les plus paisibles.

Accès et règlement

Le musée est desservi par les stations Iéna (ligne 9) et Boissière (ligne 6), ainsi que par les bus 32, 63 et 82, accessibles aux personnes à mobilité réduite (la station Iéna ne l’est pas). Les valises, quelle que soit leur taille, et les objets volumineux ne sont pas admis.

Restauration

Le musée abrite un restaurant coréen, Hanok, et en été un rooftop avec vue sur Paris et la tour Eiffel.


Où se trouve le musée Guimet ?

Au 6 place d’Iéna, dans le 16e arrondissement de Paris, près du Trocadéro. Les stations de métro les plus proches sont Iéna (ligne 9) et Boissière (ligne 6).

Quels sont les horaires du musée Guimet ?

Tous les jours sauf le mardi, de 10h à 18h. Le musée est fermé les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre.

Combien coûte l’entrée au musée Guimet ?

15 euros en plein tarif, 12 euros en tarif réduit. L’entrée est gratuite pour les moins de 18 ans et pour les résidents de l’UE de moins de 26 ans.

Que voir au musée Guimet ?

L’art khmer, avec la balustrade du Nâga et la tête de Jayavarman VII, les ivoires de Begram, les porcelaines chinoises de la collection Grandidier et les estampes japonaises.

Peut-on voir La Grande Vague de Hokusai au musée Guimet ?

Le musée en conserve un tirage, mais les estampes sont exposées par roulement en raison de leur fragilité. Vérifiez sur le site du musée si elle est présentée avant votre venue.


Le musée Guimet se trouve dans l’un des quartiers les plus riches de Paris en musées. À quelques minutes à pied, on trouve le palais d’Iéna, le palais de Tokyo et le palais Galliera, musée de la Mode.

La place du Trocadéro, toute proche, offre l’une des plus belles vues sur la tour Eiffel ; le palais de Chaillot abrite la Cité de l’architecture et du patrimoine et le musée de l’Homme. De l’autre côté de la Seine, par le pont d’Iéna, le musée du quai Branly – Jacques Chirac prolonge la découverte des arts non européens, de l’Afrique à l’Océanie.

Pour une pause, les jardins du Trocadéro descendent jusqu’à la Seine, et les quais invitent à la promenade jusqu’au pont de l’Alma.

Documentation institutionnelle

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