De Monet à Hockney — un siècle de paysages au musée Marmottan

Dans le cadre du centenaire de la mort de Claude Monet, le musée Marmottan Monet — qui conserve la plus grande collection de Monet au monde — présente une exposition ambitieuse consacrée à l’art du paysage, du maître de l’impressionnisme…

📍 Musée Marmottan Monet 🗓 Du 24 septembre 2026 au 31 janvier 2027

Informations pratiques
DatesDu 24 septembre 2026 au 31 janvier 2027
LieuMusée Marmottan Monet
Horaires10h/18h, nocturne le jeudi 21h, fermé le lundi
Tarif plein14 euros
Tarif réduit9 euros
MétroLa Muette
Réserver des billets

Dans le cadre du centenaire de la mort de Claude Monet, le musée Marmottan Monet — qui conserve la plus grande collection de Monet au monde — présente une exposition ambitieuse consacrée à l’art du paysage, du maître de l’impressionnisme jusqu’à nos jours. Intitulée Histoires de paysages. De Monet à Hockney (1893-2026), elle réunit, du 24 septembre 2026 au 31 janvier 2027, plus d’une centaine d’œuvres retraçant plus d’un siècle de peinture du paysage.

Le propos de l’exposition est passionnant, et son angle original. Le paysage fut, au XIXe siècle, l’un des genres les plus populaires et les plus respectés de la peinture — le genre par excellence de l’impressionnisme et de Monet. Mais au XXe siècle, bousculé par les avant-gardes, l’abstraction et les tragédies de l’Histoire, il sembla reculer, passer de mode. L’exposition montre qu’il n’en fut rien : le paysage a résisté, s’est transformé, s’est réinventé, demeurant jusqu’à aujourd’hui un acteur majeur de la création — de Monet à David Hockney.

Fruit d’une collaboration entre le musée Marmottan Monet et le musée de Grenoble, sous le commissariat de l’historien de l’art Pierre Wat, l’exposition rassemble des artistes rarement réunis, français et internationaux, sur près d’un siècle et demi. Peintures, photographies, vidéos, sculptures : le paysage y est raconté sous toutes ses formes, comme un miroir des bouleversements du monde moderne.

Cet article présente l’enjeu de cette exposition anniversaire, la place unique du Marmottan dans l’histoire de Monet, l’angle du paysage traversé par l’Histoire, le parcours et les artistes réunis, et toutes les informations pratiques pour préparer une visite jusqu’au 31 janvier 2027.


L’exposition s’inscrit dans les commémorations du centenaire de la mort de Claude Monet, disparu en 1926. Mais plutôt que de consacrer une énième rétrospective au maître, le musée Marmottan Monet a choisi un parti pris plus large et plus audacieux : partir de Monet pour explorer tout un siècle et demi d’art du paysage, jusqu’aux créateurs d’aujourd’hui. Monet devient ainsi le point de départ d’une histoire qui le dépasse — celle du paysage dans l’art moderne et contemporain.

Le point de départ chronologique est significatif : 1893. C’est le moment où Monet, installé à Giverny, entreprend ses grandes séries et pousse le paysage vers une modernité radicale, ouvrant la voie à toutes les recherches du siècle suivant. De là, l’exposition déroule le fil jusqu’à nos jours, jusqu’à des artistes contemporains comme David Hockney, dont les paysages éclatants de couleur témoignent de la vitalité persistante du genre. De Monet à Hockney, c’est plus d’un siècle de regards sur le paysage qui se déploie.

Ce parti pris permet de poser une question de fond : que devient le paysage au XXe siècle ? Genre roi du XIXe siècle, il semble menacé par l’avènement de l’abstraction, par les avant-gardes qui se détournent de la représentation, par les catastrophes de l’Histoire qui rendent difficile la célébration sereine de la nature. L’exposition montre comment, malgré tout, le paysage a survécu et s’est métamorphosé, devenant le lieu d’expression de nouvelles préoccupations — la mémoire, la destruction, la reconstruction, l’inquiétude écologique, la nostalgie. Le paysage, loin de mourir, s’est chargé de sens nouveaux.


Comme l’exposition Monet de l’Orangerie trouve son sens dans le lieu qui l’accueille, celle du Marmottan tire sa légitimité de l’identité même du musée : le Marmottan Monet est le temple de Monet, l’institution qui conserve la plus grande collection au monde de ses œuvres.

Installé dans un élégant hôtel particulier du 16e arrondissement de Paris, à la lisière du bois de Boulogne, le musée Marmottan Monet doit sa richesse à un legs exceptionnel : celui de Michel Monet, fils du peintre, qui offrit au musée en 1966 l’ensemble des œuvres de son père restées dans la famille. Le Marmottan devint ainsi le dépositaire du plus important fonds Monet au monde, avec des dizaines de toiles couvrant toute sa carrière, de la jeunesse aux ultimes nymphéas.

Le musée conserve notamment l’œuvre qui a donné son nom à l’impressionnisme : Impression, soleil levant (1872), cette vue du port du Havre au lever du jour qui, exposée en 1874, inspira à un critique le terme moqueur d’« impressionnistes » — bientôt revendiqué comme un étendard. Contempler ce tableau fondateur, dans le musée qui porte le nom de Monet, est en soi une raison de visiter le Marmottan. Pendant la durée de l’exposition, le billet permet de découvrir à la fois Histoires de paysages et cette collection permanente exceptionnelle — un privilège rare, qui fait du Marmottan une étape essentielle du centenaire Monet.


Le cœur du propos de l’exposition, et son idée la plus forte, est de montrer comment l’art du paysage, au XXe siècle, a été traversé et transformé par l’Histoire. Loin d’être un genre paisible et intemporel, le paysage devient le miroir des bouleversements du monde.

Au XIXe siècle, le paysage était souvent une célébration : célébration de la nature, de la lumière, de la campagne, de la beauté du monde. Les impressionnistes, Monet en tête, peignaient le plaisir d’un jour ensoleillé, la douceur des bords de Seine, la splendeur d’un jardin. Mais le XXe siècle, avec ses guerres, ses idéologies, ses destructions, ses migrations, ses angoisses, allait charger le paysage de significations nouvelles, plus graves, plus troubles. Le paysage ne pouvait plus être seulement beau : il devait aussi dire le monde tel qu’il était devenu.

Ainsi, à travers les œuvres réunies, on voit le paysage se faire le témoin de l’Histoire. Il représente la destruction et la reconstruction, la nostalgie d’un monde disparu, l’inquiétude devant l’avenir. Les artistes choisissent le paysage pour parler de leur pays, de leur terre, de leur peuple, de la nature menacée. Un champ, une forêt, une ville, une côte, ne sont plus seulement des motifs pittoresques : ils deviennent chargés de mémoire, de politique, d’émotion. L’exposition montre cette puissance nouvelle du paysage, sa capacité à porter le poids de l’Histoire et des préoccupations humaines.

Cette relecture est féconde. Elle invite à regarder autrement des œuvres que l’on croyait connaître, à percevoir, sous la surface des paysages, les tensions et les drames du siècle. Elle montre aussi que le paysage, loin d’être un genre dépassé, est resté d’une vitalité et d’une pertinence intactes, capable de se réinventer sans cesse pour dire le monde contemporain. De la sérénité impressionniste à l’inquiétude contemporaine, le paysage aura épousé toutes les métamorphoses du regard moderne.


L’exposition rassemble plus d’une centaine d’œuvres, organisées selon un parcours à la fois chronologique et thématique. Cette double organisation permet de suivre l’évolution du paysage dans le temps, tout en dégageant les grands thèmes et questions qui le traversent.

La diversité des médiums est l’une des richesses de l’exposition. Aux côtés des peintures, on découvre des photographies, des vidéos, des sculptures — car le paysage, au XXe siècle, a débordé les frontières de la peinture pour investir tous les moyens d’expression. Cette variété reflète la vitalité et la plasticité du genre, sa capacité à se renouveler à travers des formes toujours nouvelles. Le visiteur passe ainsi de la toile impressionniste à la photographie documentaire, de la sculpture à l’image en mouvement.

Le parcours réunit des artistes rarement associés dans une même exposition, français et internationaux, célèbres ou à découvrir. On y admire notamment des œuvres de Claude Monet, Pierre Bonnard, Félix Vallotton, Edvard Munch, Chaïm Soutine, Henri Matisse, Anna-Eva Bergman, Alex Katz, Walker Evans, John Vachon, Caroline Bachmann, Nikita Kadan, et bien d’autres, jusqu’à David Hockney. Ce rapprochement inédit crée des dialogues, des échos, des contrastes féconds, et donne à voir la continuité et les métamorphoses du paysage sur plus d’un siècle.


L’une des grandes réussites annoncées de l’exposition est de faire dialoguer des artistes que l’on n’a pas l’habitude de voir réunis, révélant des filiations et des correspondances inattendues à travers le temps et l’espace.

Au commencement, Monet — le point de départ, le maître du paysage moderne, dont les séries et les nymphéas ont ouvert toutes les voies. Autour de lui et après lui, les grands noms du tournant du siècle : Pierre Bonnard et ses paysages baignés de couleur et d’intimité, Félix Vallotton et ses paysages étranges et stylisés, Edvard Munch et ses paysages chargés d’angoisse existentielle, Chaïm Soutine et ses paysages tourmentés, convulsifs, Henri Matisse et sa liberté chromatique. Chacun prolonge et transforme, à sa manière, l’héritage du paysage.

Puis viennent les artistes du XXe siècle avancé et de notre temps, qui témoignent de la persistance et de la réinvention du genre : l’Américain Alex Katz et ses paysages aux aplats de couleur, la Norvégienne Anna-Eva Bergman et ses horizons abstraits, les photographes documentaires américains Walker Evans et John Vachon, et des artistes contemporains venus d’horizons divers, jusqu’à David Hockney, dont les paysages éclatants, peints ou réalisés sur tablette numérique, disent la vitalité toujours neuve du genre. De Monet à Hockney, c’est un dialogue par-dessus le siècle qui se noue, révélant la richesse inépuisable de l’art du paysage.


L’exposition est placée sous le commissariat de Pierre Wat, historien de l’art, professeur à l’université Paris I Panthéon-Sorbonne et spécialiste reconnu du paysage et du romantisme. Son regard donne à l’exposition sa cohérence intellectuelle et son ambition.

Pierre Wat est l’un des grands spécialistes français de l’art du paysage, auquel il a consacré plusieurs ouvrages de référence. Sa réflexion porte notamment sur la manière dont le paysage, genre en apparence descriptif, est en réalité chargé de sens, d’histoire, de subjectivité. Pour lui, peindre un paysage n’est jamais neutre : c’est exprimer un rapport au monde, une émotion, une pensée, une époque. Cette conception nourrit tout le propos de l’exposition.

Sous sa direction, l’exposition ne se contente pas d’aligner de beaux paysages : elle propose une véritable réflexion sur ce que signifie peindre le paysage à l’époque moderne et contemporaine, sur la manière dont ce genre a traversé et exprimé les bouleversements du siècle. C’est cette dimension intellectuelle, jointe à la beauté des œuvres réunies, qui fait de Histoires de paysages bien plus qu’une belle exposition : une méditation sur le paysage, l’art et l’Histoire. Après Paris, l’exposition sera présentée au musée de Grenoble, coproducteur de l’événement, au printemps 2027.


Lieu : Musée Marmottan Monet, 2 rue Louis-Boilly, 75016 Paris (à la lisière du bois de Boulogne)

Dates : du 24 septembre 2026 au 31 janvier 2027

Accès :

  • Métro : ligne 9, station La Muette (puis quelques minutes à pied par l’avenue Ranelagh)
  • RER : ligne C, station Boulainvilliers
  • Bus : lignes 22, 32, 52, P.C.1

Horaires :

  • Ouvert du mardi au dimanche, de 10 h à 18 h (nocturne le jeudi jusqu’à 21 h)
  • Fermé le lundi
  • Dernier accès et fermeture des caisses 30 minutes avant

Tarifs (à confirmer sur le site officiel) :

  • Plein tarif : de l’ordre de 14 euros
  • Tarif réduit : de l’ordre de 9 euros
  • Gratuit pour les moins de 7 ans ; conditions particulières pour les jeunes et publics spécifiques
  • Le billet donne accès à l’exposition et aux collections permanentes (dont Impression, soleil levant)

Durée de visite recommandée : environ 1 h 30 (exposition et collection Monet)

Réservation : conseillée en ligne sur le site du musée Marmottan Monet, en particulier les week-ends et pendant les vacances.

Accessibilité : se renseigner auprès du musée sur les conditions d’accès pour les personnes à mobilité réduite (hôtel particulier ancien).

Bon à savoir : le musée de l’Orangerie présente au même moment Monet, peindre le temps (à partir du 30 septembre). Les deux expositions se complètent idéalement pour un week-end parisien consacré au centenaire de Monet.


Sources institutionnelles citées

  • Musée Marmottan Monet, dossier de présentation de l’exposition Histoires de paysages. De Monet à Hockney (1893-2026).
  • Musée de Grenoble, coproducteur de l’exposition.

Sources et études de référence

  • Pierre Wat, Pérégrinations. Paysages entre nature et histoire, Hazan.
  • Pierre Wat, ouvrages sur le romantisme et le paysage.

Documentation institutionnelle

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Informations pratiques
DatesDu 24 septembre 2026 au 31 janvier 2027
LieuMusée Marmottan Monet
Horaires10h/18h, nocturne le jeudi 21h, fermé le lundi
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