Le musée du Louvre — le plus grand musée du monde

MUSÉES
Le palais du Louvre et la cour Napoléon, Paris
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Il est le plus grand musée du monde, le plus visité, le plus célèbre. Avec ses collections encyclopédiques qui embrassent des millénaires de création, de l’Antiquité orientale au milieu du XIXe siècle, le musée du Louvre est un univers à lui seul — un lieu où se croisent la Joconde et la Vénus de Milo, les pharaons d’Égypte et les rois de France, Léonard de Vinci et Delacroix. Chaque année, près de neuf millions de visiteurs franchissent sa Pyramide de verre pour partir à la rencontre de quelques-uns des plus grands trésors de l’humanité.

Mais le Louvre n’est pas seulement un musée : c’est aussi un palais, l’un des plus vastes du monde, chargé de huit siècles d’histoire. Forteresse médiévale, résidence des rois de France, siège du pouvoir, il fut le cœur de la monarchie avant de devenir, à la Révolution, le musée de la nation. Ses murs racontent l’histoire de France autant que celle de l’art, et le bâtiment lui-même, avec ses cours, ses galeries et ses façades, est un chef-d’œuvre à part entière.

Visiter le Louvre, c’est accepter de se perdre — car nul ne peut tout voir en une visite. Ses quelque trente-cinq mille œuvres exposées, réparties sur des kilomètres de galeries, en font un labyrinthe merveilleux où l’on revient sans jamais l’épuiser. C’est un lieu que l’on apprivoise, que l’on découvre par fragments, au gré de ses passions et de ses curiosités.

Ce guide vous propose l’essentiel : l’histoire du palais, son architecture et sa Pyramide, l’organisation de ses collections, cinq chefs-d’œuvre à ne pas manquer, toutes les informations pratiques pour préparer votre visite, et les grands projets qui dessinent son avenir.




L’histoire du Louvre commence il y a plus de huit siècles, non comme un musée, mais comme une forteresse. Vers 1190, le roi Philippe Auguste, avant de partir en croisade, fait édifier un château fort pour défendre Paris à l’ouest, sur la rive droite de la Seine. De cette forteresse subsistent aujourd’hui les fondations et la base du donjon, que l’on peut admirer au sous-sol du musée — le « Louvre médiéval », vestige émouvant des origines.

Au fil des siècles, la forteresse se transforme. Au XIVe siècle, Charles V en fait une résidence royale. Mais c’est à la Renaissance que le Louvre prend son visage de palais : François Ier fait raser le vieux donjon et charge l’architecte Pierre Lescot d’édifier une aile nouvelle, dans le goût de la Renaissance italienne. Catherine de Médicis fait construire, à proximité, le palais des Tuileries, et une longue galerie au bord de la Seine relie bientôt les deux résidences. De règne en règne, le Louvre s’agrandit et s’embellit.

Le XVIIe siècle voit s’élever la majestueuse colonnade orientale, dessinée par Claude Perrault — l’une des plus belles façades classiques de Paris. Mais en 1682, Louis XIV installe la cour à Versailles. Délaissé par le roi, le Louvre abrite alors des artistes, des académies, des collections, et l’idée germe peu à peu d’y présenter au public les collections royales.

Cette idée devient réalité avec la Révolution. Le 10 août 1793, la République inaugure dans la Grande Galerie le « Muséum central des arts », ouvrant au public les collections royales. Le Louvre devient l’un des tout premiers grands musées publics de l’histoire, expression de l’idéal des Lumières : rendre l’art accessible à tous. Sous Napoléon Ier, le musée s’enrichit considérablement ; au XIXe siècle, Napoléon III achève de donner au palais son ampleur actuelle.

L’histoire moderne du Louvre culmine avec le projet du « Grand Louvre », lancé par François Mitterrand dans les années 1980. Le musée occupe désormais la totalité du palais et se dote d’une nouvelle entrée monumentale : la Pyramide de verre de l’architecte Ieoh Ming Pei, inaugurée en 1989. D’abord controversée, elle est devenue l’un des symboles les plus reconnaissables de Paris.


Avant même d’en découvrir les collections, le visiteur est saisi par le lieu lui-même : un palais immense, l’un des plus vastes édifices d’Europe, déployé autour de cours majestueuses au cœur de Paris.

Le palais s’organise autour de la cour Napoléon et de la cour Carrée, prolongé par la longue aile qui borde la Seine. Ses façades, édifiées sur plusieurs siècles, offrent un condensé de l’architecture française, de la Renaissance de Pierre Lescot au classicisme de Perrault jusqu’aux ajouts du Second Empire. Les cours, ouvertes librement de 7h30 à 21h, constituent à elles seules une promenade inoubliable.

Au centre de la cour Napoléon se dresse la Pyramide, entrée principale du musée. Cette structure de verre et de métal, aux lignes géométriques pures, contraste audacieusement avec les façades historiques qui l’entourent — et c’est de ce contraste que naît sa beauté. Sous elle s’étend un vaste hall souterrain baigné de lumière, d’où l’on accède aux trois ailes du musée.

Connaître ces trois ailes, c’est déjà savoir organiser sa visite. L’aile Denon, au sud, le long de la Seine, abrite les œuvres les plus célèbres : la Joconde, la Victoire de Samothrace, les grands formats de la peinture française, les maîtres italiens. L’aile Sully, à l’est, autour de la cour Carrée, conserve le Louvre médiéval, les antiquités égyptiennes et la Vénus de Milo. L’aile Richelieu, au nord, présente les sculptures françaises, les antiquités orientales, les objets d’art et les appartements Napoléon III.


La richesse du Louvre tient à l’ampleur encyclopédique de ses collections, organisées en huit départements qui couvrent des millénaires de création, de l’Orient ancien au milieu du XIXe siècle.

Trois départements sont consacrés aux antiquités. Les antiquités orientales rassemblent les trésors de la Mésopotamie, de la Perse et du Levant — dont le Code de Hammurabi, l’un des plus anciens recueils de lois de l’humanité, et les taureaux ailés de Khorsabad. Les antiquités égyptiennes, parmi les plus riches au monde, font revivre la civilisation des pharaons, avec le célèbre Scribe accroupi au regard incrusté. Les antiquités grecques, étrusques et romaines abritent les chefs-d’œuvre de la sculpture antique.

Le département des arts de l’Islam, installé sous une spectaculaire verrière ondulante, présente plus de mille ans de création des terres d’Islam. Le département des sculptures retrace l’histoire de la sculpture européenne, avec une place d’honneur pour la sculpture française. Le département des objets d’art rassemble mobilier, orfèvrerie, émaux et tapisseries, et présente dans la somptueuse galerie d’Apollon les joyaux de la Couronne. Le département des arts graphiques conserve un fonds immense de dessins et d’estampes, montrés par roulement en raison de leur fragilité.

Enfin, le département des peintures rassemble l’une des plus belles collections au monde, des primitifs italiens au XIXe siècle : Léonard de Vinci, Raphaël, Titien et Véronèse pour l’Italie ; Poussin, Watteau, David, Ingres et Delacroix pour la France ; Rubens, Rembrandt et Vermeer pour les écoles du Nord ; Le Greco, Zurbarán et Murillo pour l’Espagne. C’est ici que se trouvent la plupart des tableaux les plus fameux du musée, du Sacre de Napoléon de David à La Dentellière de Vermeer.


Impossible de tout voir en une visite. Voici cinq chefs-d’œuvre qui justifient à eux seuls le déplacement. Toutes ces œuvres étant dans le domaine public, elles sont librement reproductibles.

L’œuvre la plus célèbre du monde, avec son sourire énigmatique et la subtilité infinie de son modelé, plus petite qu’on ne l’imagine. Retournez-vous : face à elle se déploie la plus grande toile du musée, Les Noces de Cana de Véronèse, trop souvent ignorée.

Découverte sur l’île grecque de Milos en 1820, cette statue de marbre représente probablement Aphrodite. Malgré la perte de ses bras, elle incarne l’idéal de beauté et d’harmonie de la sculpture grecque.

La déesse ailée se pose à la proue d’un navire, sa draperie plaquée par le vent : l’une des sculptures les plus spectaculaires de l’Antiquité, et l’une des plus saisissantes mises en scène du musée.

Le naufrage d’une frégate française et la détresse des survivants entassés sur un radeau, peints à l’échelle de l’histoire : une œuvre-manifeste du romantisme, d’une puissance dramatique bouleversante.

La Liberté, drapeau tricolore brandi, mène le peuple sur les barricades des Trois Glorieuses. Devenue une icône universelle de la République, elle se trouve à quelques pas du Radeau.


Le Louvre n’est pas un musée figé : il se transforme sans cesse, et traverse une période charnière.

Son premier défi est la surfréquentation. Conçu lors du Grand Louvre pour accueillir environ quatre millions de visiteurs par an, il en reçoit aujourd’hui près de neuf millions, au prix d’une saturation des espaces, en particulier autour de la Joconde. Pour y répondre, le projet « Louvre Nouvelle Renaissance », annoncé en 2025, prévoit à l’horizon 2031 une nouvelle entrée du côté de la colonnade de Perrault, de nouveaux espaces souterrains, la rénovation des salles les plus vétustes et une salle dédiée à la Joconde. Le chantier doit être mené sans fermeture du musée.

L’année 2025 a aussi été marquée par un événement qui a ému le monde entier : le 19 octobre, un commando a dérobé en quelques minutes huit joyaux de la Couronne dans la galerie d’Apollon ; la couronne de l’impératrice Eugénie, abandonnée dans la fuite, a été retrouvée endommagée. Des suspects ont été interpellés dans les semaines suivantes. Ce vol s’inscrit dans une longue histoire — de la disparition de la Joconde en 1911, retrouvée deux ans plus tard, à celle de l’épée du sacre de Charles X en 1976 — et a relancé le débat sur la sécurité du musée. La présidente-directrice, Laurence des Cars, a quitté ses fonctions en février 2026.

À travers ces chantiers et ces épreuves, le Louvre continue de se réinventer pour rester ce qu’il est depuis plus de deux siècles : un musée ouvert au plus grand nombre, gardien d’un patrimoine universel.


Le Louvre étant immense et très fréquenté, une visite se prépare. Vérifiez toujours les informations à jour sur le site officiel avant votre venue.

Durée de la visite

Voir l’intégralité du Louvre est impossible en une seule visite. Pour une découverte agréable, comptez entre deux heures trente et quatre heures, en ciblant les œuvres et les départements qui vous intéressent. Une journée entière est idéale pour les passionnés. Mieux vaut choisir un parcours à l’avance que de vouloir tout voir.

Quand venir

Les pics d’affluence se situent entre 11h et 15h, le week-end et durant la haute saison (juin à septembre). Privilégiez l’ouverture du matin ou les nocturnes du mercredi et du vendredi, beaucoup plus paisibles. Les périodes les plus calmes s’étendent d’octobre à mars. Évitez le lundi : de nombreux musées parisiens sont fermés ce jour-là, et le Louvre est pris d’assaut.

Horaires

Le musée est ouvert tous les jours sauf le mardi, de 9h à 18h, avec des nocturnes le mercredi et le vendredi jusqu’à 21h. La dernière entrée a lieu une heure avant la fermeture. Il est fermé les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre.

Billets et tarifs

Le billet donne accès aux collections permanentes, aux expositions temporaires et au musée national Eugène-Delacroix. Depuis le 14 janvier 2026, le tarif est différencié : 22 euros pour les résidents de l’Espace économique européen, 32 euros pour les autres visiteurs. La réservation en ligne d’un créneau horaire est très fortement recommandée, y compris pour les bénéficiaires de la gratuité. Achetez toujours vos billets sur le site officiel.

Gratuité

L’entrée est gratuite pour les moins de 18 ans, les résidents de l’EEE de moins de 26 ans, les demandeurs d’emploi et bénéficiaires de minima sociaux, les personnes en situation de handicap et leur accompagnateur, ainsi que certains enseignants. Elle est aussi gratuite pour tous le premier vendredi du mois après 18h (hors juillet et août) et le 14 juillet.

Les entrées

L’entrée principale se fait par la Pyramide. En cas d’affluence, ou si vous avez déjà un billet, l’entrée du Carrousel (99 rue de Rivoli) est souvent plus rapide ; le passage Richelieu est réservé, selon les périodes, à certains publics (groupes, adhérents). Sous la Pyramide, le hall dessert les trois ailes.

Audioguide, accessibilité et photos

Un audioguide est proposé à la location, ainsi que des visites guidées et des parcours thématiques. Le musée est accessible aux personnes à mobilité réduite, même si l’ampleur du palais rend les déplacements longs. La photographie sans flash est autorisée dans les collections permanentes pour un usage privé ; perches à selfie et trépieds sont interdits. Toute sortie du musée est définitive.


Où se trouve le musée du Louvre ?

Le musée du Louvre se situe dans le 1er arrondissement de Paris, au bord de la Seine. La station de métro la plus proche est Palais Royal – Musée du Louvre (lignes 1 et 7).

Quels sont les horaires du Louvre ?

Le musée est ouvert tous les jours sauf le mardi, de 9h à 18h, avec des nocturnes le mercredi et le vendredi jusqu’à 21h. Il est fermé les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre.

Combien coûte l’entrée au Louvre ?

Depuis le 14 janvier 2026, 22 euros pour les résidents de l’Espace économique européen et 32 euros pour les autres visiteurs. L’entrée est gratuite pour les moins de 18 ans, les résidents de l’EEE de moins de 26 ans, et pour tous le premier vendredi du mois après 18h (hors juillet et août).

Faut-il réserver pour visiter le Louvre ?

Oui, la réservation en ligne d’un créneau horaire est très fortement recommandée, même pour les bénéficiaires de la gratuité. Réservez uniquement sur le site officiel.

Combien de temps faut-il pour visiter le Louvre ?

Comptez entre deux heures trente et quatre heures en ciblant les œuvres qui vous intéressent, une journée entière pour les passionnés.

Où se trouve la Joconde au Louvre ?

Dans l’aile Denon, salle des États, face aux Noces de Cana de Véronèse. Des panneaux indiquent le chemin dès l’entrée.

Quel jour le Louvre est-il fermé ?

Le mardi, ainsi que les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre.


Le Louvre se trouve au cœur de Paris, dans un environnement d’une richesse exceptionnelle. À l’ouest s’étend le jardin des Tuileries, qui relie le Louvre à la place de la Concorde — une promenade idéale après la visite. À l’extrémité du jardin, le musée de l’Orangerie abrite les grands Nymphéas de Monet.

Juste au nord, le Palais-Royal et ses jardins offrent une halte paisible, avec leurs galeries et les colonnes de Buren. Le musée des Arts décoratifs, installé dans une aile du palais, prolonge la découverte du côté du mobilier, de la mode et du design. Tout près, l’église Saint-Germain-l’Auxerrois et les quais de Seine méritent le détour.

Sur l’autre rive, le musée d’Orsay est accessible en quelques minutes à pied par la passerelle Léopold-Sédar-Senghor. Il prend le relais chronologique du Louvre, avec l’art de la seconde moitié du XIXe siècle et l’impressionnisme : ensemble, les deux musées offrent un panorama continu de l’art occidental, des origines à l’aube du XXe siècle.

Documentation institutionnelle

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