Musée Jacquemart-André — que voir, horaires, billets
À quelques minutes des Champs-Élysées, au 158 boulevard Haussmann (8ᵉ arrondissement), se cache derrière une façade haussmannienne la plus belle demeure-musée privée de Paris. Le musée Jacquemart-André n’est pas un musée comme les autres : c’est une maison habitée — celle d’Édouard André (1833-1894), héritier d’une des plus grandes fortunes bancaires du Second Empire, et de son épouse Nélie Jacquemart (1841-1912), artiste peintre devenue l’une des collectionneuses les plus audacieuses de son siècle. On y circule de salon en salon, du jardin d’hiver au fumoir, des appartements privés au spectaculaire « musée italien » de l’étage, comme un invité du couple traversant une soirée de la Belle Époque.
La collection rassemblée par les époux André en trente ans de voyages et d’acquisitions est, selon l’Institut de France qui en est propriétaire, l’une des plus importantes collections privées au monde ouvertes au public : Renaissance italienne du Quattrocento (Uccello, Botticelli, Mantegna, Bellini, Carpaccio), maîtres flamands et hollandais du XVIIᵉ siècle (Rembrandt, Van Dyck, Ruysdael), école française du XVIIIᵉ siècle (Fragonard, Chardin, Nattier, Vigée Le Brun) et peinture anglaise (Reynolds, Gainsborough, Lawrence). Le musée appartient à la même famille d’institutions que la Wallace Collection de Londres, la Frick Collection de New York ou le musée Poldi Pezzoli de Milan — ces demeures de grands collectionneurs léguées intactes au public.
Cet article guide votre visite du musée Jacquemart-André : histoire du couple fondateur et de leur hôtel particulier, œuvres incontournables, horaires et tarifs, conseils pratiques, expositions temporaires — qui comptent parmi les plus courues de Paris —, questions fréquentes et alentours. Avec une mention spéciale pour le café Jacquemart-André, installé dans l’ancienne salle à manger du couple sous une fresque de Tiepolo, régulièrement cité parmi les plus beaux salons de thé de la capitale.
Le musée Marmottan Monet en bref
| Adresse | 158 boulevard Haussmann, 75008 Paris |
| Métro | métro Miromesnil (9 et 13) ou Saint-Philippe-du-Roule (9) |
| Horaires | tous les jours 10h-18h |
| Tarifs | ~17 € (collections + exposition temporaire, billet combiné) ; gratuit pour les moins de 7 ans |
| Site officiel | musee-jacquemart-andre.com |
Histoire d’une demeure de couple collectionneur
L’histoire du musée Jacquemart-André est d’abord celle d’un couple hors norme — et d’une rencontre improbable entre un banquier et sa portraitiste.
Édouard André naît le 13 décembre 1833 dans une famille de banquiers protestants originaire du Sud-Est de la France, dont la fortune atteint son apogée sous le Second Empire. Jeune homme, il sert brièvement dans la Garde impériale de Napoléon III, puis abandonne l’uniforme en 1863 et s’éloigne de la politique pour se consacrer entièrement à sa passion : l’art. Il devient une personnalité incontournable du monde artistique parisien de la fin du XIXᵉ siècle — propriétaire de la Gazette des Beaux-Arts, la grande revue d’art de l’époque, et président de l’Union centrale des arts décoratifs.
1868 : Édouard André commande à l’architecte Henri Parent un hôtel particulier monumental sur un terrain du tout nouveau boulevard Haussmann, en plein quartier de la plaine Monceau où s’installe alors la haute société du Second Empire. Henri Parent, qui venait de manquer le chantier de l’Opéra (attribué à Charnier rival Charles Garnier), met toute son ambition dans ce projet privé. Les travaux durent jusqu’en 1875 et l’hôtel est inauguré en 1876. Prouesse technique remarquable pour l’époque : le Grand Salon est équipé de cloisons mobiles hydrauliques — les murs s’escamotent pour transformer les salons de réception en une immense salle de bal pouvant accueillir un millier d’invités.
1872 : une jeune artiste peintre de la bourgeoisie modeste, Nélie Jacquemart, portraitiste reconnue dans les Salons officiels, vient réaliser le portrait d’Édouard André. La rencontre est déterminante. Neuf ans plus tard, en 1881, Édouard (48 ans) épouse Nélie (40 ans). Mariage tardif, sans enfants — le couple consacrera toute sa vie commune à une œuvre unique : constituer l’une des plus grandes collections d’art privées d’Europe, avec l’ambition explicite de l’ouvrir un jour au public.
1881-1894 : les époux André voyagent chaque année en Italie — Florence, Venise, Rome — où ils achètent peintures du Quattrocento, sculptures, fresques entières. Nélie, l’œil exercé de la professionnelle, négocie ; Édouard, la fortune du banquier, finance. Le « musée italien » aménagé à l’étage de l’hôtel — trois salles dédiées aux sculptures, à la peinture florentine et à la peinture vénitienne — témoigne de cette obsession italienne. La fresque de Tiepolo ornant l’escalier d’honneur, Henri III reçu à la villa Contarini (1750), a été détachée d’une villa de Vénétie et transportée à Paris — opération d’une audace technique considérable.
1894 : Édouard André meurt à 60 ans. Nélie, veuve, poursuit seule la mission pendant dix-huit années. Elle voyage plus loin encore — Égypte, Asie Mineure, jusqu’en Birmanie — et enrichit considérablement la collection. 1902 : elle achète l’abbaye royale de Chaalis dans l’Oise, immense domaine médiéval qu’elle remplit également d’œuvres d’art.
1912 : Nélie Jacquemart meurt à 71 ans. Son testament lègue à l’Institut de France l’intégralité de ses biens — l’hôtel du boulevard Haussmann et l’abbaye de Chaalis, avec leurs collections complètes — sous condition d’en faire des musées ouverts au public, conservés dans l’esprit voulu par le couple. Legs double exceptionnel : Nélie n’a pas légué un musée, mais deux.
1913 : le président de la République Raymond Poincaré inaugure en personne le musée Jacquemart-André. Le succès public est immédiat. Plus d’un siècle plus tard, le musée — géré par Culturespaces pour le compte de l’Institut de France — est redevenu, grâce à ses expositions temporaires d’envergure internationale (Botticelli, Renoir, Mary Cassatt, Füssli, la galerie Borghèse…), l’un des lieux culturels majeurs de Paris, attirant plusieurs centaines de milliers de visiteurs chaque année.
Les œuvres à ne pas manquer
Le parcours traverse trois ensembles : les salons d’apparat du rez-de-chaussée, les appartements privés du couple, et le « musée italien » de l’étage. Voici les incontournables.
1. Saint Georges terrassant le dragon — Paolo Uccello (vers 1430-1440)
Musée italien, étage. L’œuvre signature du musée. Petit panneau de tempera où le chevalier Georges transperce un dragon aux ailes déployées dans un paysage stylisé. Uccello, obsédé de la perspective naissante, y déploie sa géométrie onirique caractéristique — l’une des très rares œuvres du maître florentin conservées en France. Acquisition audacieuse du couple André à une époque où les « primitifs italiens » étaient encore peu valorisés sur le marché.
2. Vierge à l’Enfant — Sandro Botticelli (vers 1470)
Musée italien, étage. Chef-d’œuvre de jeunesse de Botticelli, encore proche de son maître Filippo Lippi : la Vierge mélancolique penchée sur l’Enfant, ligne sinueuse et grâce florentine. Complétée dans les salles voisines par l’Ecce Homo du même Botticelli et la Pietà de son atelier (Francesco Botticini).
3. Vierge à l’Enfant avec trois saints — Andrea Mantegna (vers 1485)
Musée italien, étage. Panneau dévotionnel du grand maître padouan, d’une précision minérale caractéristique. Avec la Vierge à l’Enfant de Giovanni Bellini voisine, ce panneau fait de la salle vénitienne du musée un condensé d’école vénitienne rare à Paris hors du Louvre.
4. Les Pèlerins d’Emmaüs — Rembrandt (1629)
Bibliothèque, rez-de-chaussée. L’un des trois Rembrandt du musée, et une œuvre capitale : cette version des Pèlerins d’Emmaüs, peinte par un Rembrandt de 23 ans seulement, est antérieure de vingt ans à la version du Louvre (1648). Le Christ en contre-jour total, silhouette noire découpée sur la lumière de la révélation, est l’une des inventions de clair-obscur les plus radicales du jeune maître de Leyde. La bibliothèque rassemble également des portraits de Van Dyck, Frans Hals et l’école hollandaise — l’un des plus beaux ensembles nordiques de Paris en collection privée.
5. L’Ambassade d’Hippolyte à Thésée — Vittore Carpaccio (vers 1495)
Musée italien, étage. Grande scène narrative du maître vénitien des cycles peints : la reine des Amazones envoyant son ambassade au roi d’Athènes, cortège de cavaliers et architectures de Venise rêvée. Rarissime : Carpaccio est presque introuvable dans les collections françaises.
6. Les Débuts du modèle — Jean-Honoré Fragonard (1769)
Salons du rez-de-chaussée. Scène galante emblématique du rococo français : un jeune peintre découvre sa modèle intimidée. Toute la grâce libertine du XVIIIᵉ siècle français, entourée dans les salons des Chardin, Nattier, Boucher et du Portrait de la comtesse Skavronskaia d’Élisabeth Vigée Le Brun (1790), d’une virtuosité soyeuse.
7. La fresque de Tiepolo — Henri III reçu à la villa Contarini (1750)
Escalier d’honneur. Fresque monumentale de Giambattista Tiepolo, détachée d’une villa de Vénétie et remontée dans l’escalier par Nélie Jacquemart — l’accueil du roi de France Henri III par la noblesse vénitienne en 1574 déploie ses architectures aériennes au-dessus des marches. La salle à manger (actuel café) abrite une seconde fresque de Tiepolo au plafond.
8. Le jardin d’hiver et l’escalier monumental
Rez-de-chaussée. L’œuvre architecturale du musée elle-même : le jardin d’hiver aux parois de marbre et de miroirs, prolongé par un escalier à double révolution d’une théâtralité spectaculaire — prouesse de l’architecte Henri Parent, devenue l’image emblématique du musée. C’est ici que les André recevaient le Tout-Paris du Second Empire finissant et de la IIIᵉ République naissante.
Comment visiter le musée
Durée recommandée : compter 1h30 à 2 heures pour les collections permanentes — le musée se parcourt comme une grande demeure, sans la fatigue des institutions géantes. Ajouter 1 heure si une exposition temporaire est en cours (elles occupent un circuit dédié). L’audioguide inclus raconte l’histoire du couple et de chaque salle — il transforme réellement la visite et mérite d’être suivi.
Meilleur moment pour venir :
- En semaine à l’ouverture (10h) : salons quasi déserts, lumière matinale dans le jardin d’hiver
- Les nocturnes en période d’exposition : ambiance feutrée exceptionnelle dans la demeure éclairée
- À éviter : week-ends et vacances scolaires pendant les grandes expositions temporaires, qui attirent des foules importantes
Horaires :
- Tous les jours : 10h00 – 18h00
- Nocturnes en période d’exposition temporaire (jours et horaires variables selon la programmation — consulter le site officiel)
- Dernière admission : 30 minutes avant la fermeture
Tarifs (à vérifier sur le site officiel avant visite, la billetterie évoluant selon les expositions) :
- Plein tarif : environ 17 € (collections permanentes + exposition temporaire, billet combiné)
- Tarifs réduits : étudiants, demandeurs d’emploi, 7-25 ans
- Gratuit : moins de 7 ans, personnes en situation de handicap et leur accompagnateur
- Audioguide : inclus dans le billet
Réservation : fortement recommandée en ligne avec créneau horodaté, particulièrement pendant les expositions temporaires majeures où les files d’attente peuvent dépasser une heure le week-end. En période creuse, l’achat sur place reste possible.
Accessibilité PMR : le musée est accessible aux personnes à mobilité réduite (ascenseur, rampes), avec quelques contraintes liées au bâtiment historique. Entrée gratuite pour la personne en situation de handicap et son accompagnateur. Détails sur le site officiel.
Le café Jacquemart-André : installé dans l’ancienne salle à manger du couple, sous une fresque de Tiepolo et face aux tapisseries, c’est l’un des plus beaux salons de thé de Paris — régulièrement cité dans les classements internationaux. Déjeuner, pâtisseries et brunch le week-end. Accessible sans billet de musée, mais l’affluence est forte : venir tôt ou réserver quand c’est possible. Une halte qui fait partie intégrante de l’expérience Jacquemart-André.
Photographie : autorisée sans flash dans les collections permanentes, généralement interdite dans les expositions temporaires.
Les expositions du moment
Le musée Jacquemart-André s’est imposé depuis les années 1990 comme l’un des grands lieux d’expositions temporaires parisiens, avec deux expositions majeures par an (printemps et automne) consacrées aux grands maîtres anciens et modernes. Quelques jalons mémorables : Fragonard (2007), Renoir (2014), Mary Cassatt — première rétrospective française de l’impressionniste américaine (2018), Botticelli (2021-2022), les chefs-d’œuvre de la galerie Borghèse (2024-2025).
Au moment de la rédaction de cet article (juin 2026) : consulter le site officiel musee-jacquemart-andre.com pour la programmation en cours et à venir — les expositions du musée affichent régulièrement complet en fin de période, mieux vaut réserver tôt.
La formule du musée est singulière : des expositions resserrées (une cinquantaine d’œuvres généralement), scientifiquement exigeantes, dans un parcours intimiste qui contraste avec les blockbusters des grandes institutions. Pour beaucoup d’amateurs, c’est la meilleure expérience d’exposition à Paris — l’affluence en témoigne.
Questions fréquentes
Combien de temps faut-il pour visiter le musée Jacquemart-André ?
Compter 1h30 à 2 heures pour les collections permanentes de la demeure, audioguide inclus. Ajouter environ 1 heure si une exposition temporaire est en cours. Une visite complète — demeure, exposition et pause au café — occupe agréablement une demi-journée.
Qui étaient Édouard André et Nélie Jacquemart ?
Édouard André (1833-1894) était l’héritier d’une grande famille de banquiers protestants du Second Empire, propriétaire de la Gazette des Beaux-Arts. Nélie Jacquemart (1841-1912) était une artiste peintre portraitiste reconnue, d’origine modeste. Elle réalisa le portrait d’Édouard en 1872 ; ils se marièrent en 1881. Sans enfants, ils consacrèrent leur vie à constituer l’une des plus grandes collections d’art privées d’Europe, léguée à l’Institut de France pour devenir un musée public, inauguré en 1913.
Quelle est l’œuvre la plus célèbre du musée Jacquemart-André ?
Le Saint Georges terrassant le dragon de Paolo Uccello (vers 1430-1440) est généralement considéré comme l’œuvre signature du musée. Les Pèlerins d’Emmaüs de Rembrandt (1629), la Vierge à l’Enfant de Botticelli et la fresque de Tiepolo de l’escalier d’honneur comptent parmi les autres trésors majeurs. L’escalier monumental du jardin d’hiver est lui-même l’une des images les plus photographiées de Paris.
Le billet inclut-il l’exposition temporaire ?
Le billet standard combine généralement collections permanentes et exposition temporaire en un parcours unique. La billetterie et les formules pouvant évoluer selon la programmation, vérifier les conditions exactes sur le site officiel au moment de la réservation.
Peut-on aller au café Jacquemart-André sans visiter le musée ?
Oui. Le café — installé dans l’ancienne salle à manger du couple, sous une fresque de Tiepolo — est accessible sans billet. C’est l’un des plus beaux salons de thé de Paris, très demandé : venir en dehors des heures de pointe (12h-14h) ou tôt pour le brunch du week-end.
Le musée Jacquemart-André est-il adapté aux enfants ?
Oui, à partir de 6-7 ans : la dimension « maison de collectionneurs » avec ses salons, son escalier spectaculaire et ses appartements privés parle davantage aux enfants qu’un musée classique. Des livrets-jeux et audioguides famille sont proposés, et des ateliers enfants sont programmés pendant les vacances scolaires. Le format compact (1h-1h30 avec enfants) évite la saturation.
Quelle différence entre le musée Jacquemart-André et le musée Nissim de Camondo ?
Les deux sont des demeures-musées de grands collectionneurs parisiens léguées intactes. Jacquemart-André (8ᵉ, legs 1912) privilégie la Renaissance italienne et les écoles anciennes européennes dans un hôtel d’apparat haussmannien. Nissim de Camondo (8ᵉ également, près du parc Monceau, legs 1935) est entièrement consacré aux arts décoratifs français du XVIIIᵉ siècle. Les deux se complètent parfaitement en une journée — ils sont à 15 minutes à pied l’un de l’autre.
Comment se rendre au musée Jacquemart-André ?
Le musée est situé 158 boulevard Haussmann, 75008 Paris. Accès :
- Métro : Miromesnil (lignes 9 et 13) ou Saint-Philippe-du-Roule (ligne 9), à 5 minutes à pied
- RER : Charles de Gaulle-Étoile (RER A), à 12 minutes à pied
- Bus : lignes 22, 43, 52, 54, 84, 93, arrêt Haussmann-Courcelles
- Voiture : déconseillée (quartier dense) ; parkings publics rue de Courcelles et avenue de Friedland
Autour du musée
Le quartier du boulevard Haussmann et de la plaine Monceau concentre l’héritage de la grande bourgeoisie collectionneuse du XIXᵉ siècle. Plusieurs compléments de visite naturels :
- Musée Nissim de Camondo (15 minutes à pied, 63 rue de Monceau) — l’autre grande demeure-musée du quartier, consacrée aux arts décoratifs du XVIIIᵉ siècle, avec l’histoire bouleversante de la famille Camondo
- Parc Monceau (12 minutes à pied) — le jardin le plus élégant de Paris, cher aux impressionnistes (Monet l’a peint à cinq reprises)
- Musée Cernuschi (15 minutes à pied, avenue Vélasquez) — arts asiatiques dans un autre hôtel particulier de collectionneur, entrée gratuite aux collections permanentes
- Champs-Élysées et Arc de Triomphe (10-15 minutes à pied) — l’axe touristique majeur
- Galeries Lafayette et Printemps Haussmann (15 minutes à pied vers l’est) — les grands magasins historiques et leurs coupoles
- Salle Pleyel et Théâtre des Champs-Élysées (à proximité) — pour prolonger la soirée
Une journée « collectionneurs du XIXᵉ siècle » idéale : Jacquemart-André le matin, déjeuner au café du musée, parc Monceau et Nissim de Camondo l’après-midi — trois lieux qui racontent ensemble le Paris des grandes fortunes amoureuses de l’art, dans un périmètre d’un kilomètre.
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