Œuvre majeure

La Mort de Sardanapale — le scandale romantique de Delacroix

Eugène Delacroix — le flambeau du romantisme →
Date
1827
Technique
Huile sur toile
Dimensions
392 × 496 cm
Conservation
Musée du Louvre, Paris

Au sommet d’un immense lit pourpre, un roi barbu, allongé, contemple avec une indifférence souveraine le carnage qui se déroule à ses pieds. Autour de lui, c’est le chaos : des femmes nues se débattent sous le poignard des esclaves, un cheval cabré roule des yeux affolés, l’or, les étoffes et les corps s’entremêlent dans un tourbillon de chair, de sang et de luxe. Bientôt, tout sera consumé par les flammes. Voici La Mort de Sardanapale, l’œuvre la plus scandaleuse, la plus flamboyante et la plus radicale d’Eugène Delacroix — le manifeste absolu du romantisme.

Peinte en 1827 et conservée au musée du Louvre, cette toile immense — près de quatre mètres sur cinq — provoqua au Salon le plus retentissant des scandales. Tout y heurtait l’art officiel de l’époque : la violence du sujet, l’érotisme trouble, le désordre apparent de la composition, l’explosion des couleurs, l’absence de toute leçon morale. Là où le néoclassicisme régnant exigeait l’ordre, la mesure, la pureté de la ligne et l’édification du spectateur, Delacroix offrait le chaos, l’excès, la couleur déchaînée et le plaisir trouble de la destruction. C’était une provocation — et un acte de naissance.

Car cette œuvre, rejetée et vilipendée en son temps, est aujourd’hui reconnue comme l’un des sommets du romantisme et l’une des peintures les plus audacieuses du XIXᵉ siècle. Tout ce qui faisait scandale en 1827 — la liberté de la composition, la primauté de la couleur, l’intensité de l’émotion, la transgression des règles — est précisément ce qui en fait, aux yeux de la postérité, une œuvre révolutionnaire et un jalon vers la peinture moderne.

Cet article explore les secrets de cette toile flamboyante — ce qu’elle représente, la source littéraire dont elle s’inspire et ce que Delacroix y invente, le génie de sa composition tourbillonnante, l’ambiguïté troublante qui mêle sexe et mort, le scandale qu’elle provoqua au Salon de 1827, et la manière dont ce manifeste du romantisme finit, après des années de purgatoire, par entrer au Louvre.


Le tableau, ce qu’il montre

La Mort de Sardanapale est une huile sur toile de dimensions colossales : environ 392 centimètres de hauteur sur 496 centimètres de largeur — près de vingt mètres carrés de peinture. Ce format gigantesque, traditionnellement réservé aux sujets les plus nobles de la peinture d’histoire, est ici mis au service d’une scène de carnage et de débauche, ce qui constituait déjà en soi une provocation.

La scène représente les derniers instants de Sardanapale, roi légendaire d’Assyrie. Assiégé dans son palais de Ninive, vaincu et sans espoir, le roi a décidé de tout détruire avant de mourir. Plutôt que de laisser ses biens à ses ennemis, il fait rassembler et massacrer sous ses yeux tout ce qui avait servi à ses plaisirs : ses femmes, ses esclaves, ses pages, ses chevaux, ses trésors. Tout sera ensuite livré aux flammes du bûcher sur lequel il est lui-même couché.

Au sommet de la composition, en haut à gauche, Sardanapale est allongé sur un immense lit drapé de pourpre, accoudé, le visage impassible. Il contemple le massacre avec un détachement glacial, presque ennuyé, comme un spectateur blasé de sa propre fin. Cette impassibilité au cœur du chaos est l’un des éléments les plus troublants de l’œuvre.

En contrebas et tout autour, c’est le tumulte. Des femmes nues, aux chairs nacrées, se débattent ou s’abandonnent sous les armes de leurs bourreaux. Un esclave noir maîtrise un cheval magnifique, cabré, aux naseaux dilatés. Des serviteurs apportent ou détruisent des objets précieux. L’or, les bijoux, les étoffes chatoyantes s’amoncellent dans un désordre somptueux. Partout, la couleur flamboie — le rouge du lit et des tentures domine, ponctué de l’éclat des chairs, de l’or et des matières précieuses. C’est une vision de fin du monde, sensuelle et terrible.


Sardanapale — le roi de Byron

Le sujet de La Mort de Sardanapale a une source littéraire précise : un drame du poète anglais Lord Byron, l’une des grandes figures du romantisme européen. Byron avait publié en 1821 une pièce intitulée Sardanapalus, traduite en français dès l’année suivante, et que Delacroix avait très probablement lue.

Le personnage de Sardanapale fascinait l’époque romantique. Roi légendaire d’Assyrie, réputé pour son goût du luxe, du plaisir et de la volupté, il incarnait à la fois la grandeur et la décadence, le raffinement et la cruauté — un de ces personnages excessifs et tragiques que les romantiques affectionnaient. Le sujet inspira aussi des musiciens : Berlioz lui consacra une cantate, et plus tard Liszt en tira un projet d’opéra.

Mais il faut souligner que Delacroix ne se contente pas d’illustrer Byron : il invente. Dans la pièce du poète anglais, Sardanapale se donne la mort sur un bûcher, mais sans ce massacre généralisé de son entourage. C’est Delacroix qui imagine et accentue l’horreur de la scène, ajoutant le sacrifice des femmes, des esclaves, des chevaux et des chiens, transformant une mort héroïque en une orgie de destruction. Le peintre s’approprie le thème littéraire pour le pousser à son paroxysme dramatique et créer sa propre vision, plus noire et plus violente encore.

Cette liberté prise avec la source est révélatrice de la démarche de Delacroix. La littérature — Dante, Shakespeare, Byron, Goethe — est pour lui un point de départ, un réservoir d’images et d’émotions, qu’il transfigure selon son imagination propre. Il ne copie pas un texte : il en extrait une vision personnelle, qu’il porte à l’incandescence par les moyens de la peinture.


Une composition en tourbillon

Ce qui frappa et déconcerta les contemporains, autant que le sujet, c’est la composition de l’œuvre — radicalement nouvelle, en rupture totale avec les règles de l’art académique.

La peinture classique privilégiait l’ordre, la clarté, l’équilibre. Les compositions étaient construites sur des lignes stables, une perspective rigoureuse, une lisibilité immédiate. Delacroix fait tout le contraire. La Mort de Sardanapale est organisée selon une grande diagonale qui précipite le regard du lit du roi, en haut à gauche, vers le tumulte du premier plan, en bas à droite. Tout est mouvement, emportement, déséquilibre voulu.

L’espace lui-même est ambigu, instable. Delacroix use de raccourcis audacieux qui basculent la scène vers le spectateur, comme si le lit et son chargement de corps allaient déverser leur contenu hors de la toile. Il n’y a pas de point de fuite clair, pas de sol stable, pas de profondeur rationnelle : le regard est happé dans un tourbillon de formes, sans pouvoir se reposer. Cette déstabilisation de l’espace, qui rompait avec des siècles de perspective classique, fut perçue comme une maladresse ou une provocation.

La couleur, enfin, participe pleinement de cette énergie. Delacroix, qui était l’un des plus grands coloristes de son temps, déploie ici une palette ardente dominée par les rouges, rehaussée d’or et d’éclats de chair claire. La touche est visible, enlevée, vibrante, à l’opposé du fini lisse et léché de la peinture académique. Couleur, mouvement, désordre maîtrisé : tous les moyens plastiques concourent à exprimer le sujet — un carnage somptueux — et à le porter à son paroxysme. La forme épouse le fond dans une unité parfaite.


Sexe et mort — l’ambiguïté troublante

Au-delà de sa violence, La Mort de Sardanapale dégage une ambiguïté profonde, dérangeante, qui contribua autant au scandale qu’à sa fascination durable : l’étroit entrelacement de l’érotisme et de la mort.

Les corps des femmes massacrées ne sont pas peints comme ceux de simples victimes. Nus, alanguis, sensuels, aux chairs lumineuses, ils s’offrent au regard dans des poses qui tiennent autant de la volupté que de l’agonie. Le massacre semble surgir au cœur d’une scène de luxe et de plaisir, comme si la mort venait interrompre, ou prolonger, un vaste jeu érotique. Cette confusion troublante entre la jouissance et la souffrance, le désir et la cruauté, est l’un des aspects les plus modernes et les plus dérangeants de l’œuvre.

Au centre de cette ambiguïté, la figure de Sardanapale lui-même. Impassible, alangui sur son lit, le roi contemple le carnage avec une indifférence qui n’est ni de la cruauté active ni de l’horreur, mais une sorte de détachement esthète, comme s’il jouissait du spectacle de sa propre destruction. Baudelaire fut frappé par cette figure énigmatique du despote oriental, à la fois souverain et passif, viril et alangui. Sardanapale est un personnage trouble, où se mêlent la toute-puissance et le renoncement, le plaisir et la mort.

Certains historiens de l’art modernes, comme Linda Nochlin, ont analysé ce trouble comme un fantasme : la toile aurait scandalisé parce que les contemporains y percevaient, plus ou moins consciemment, la projection d’un désir destructeur, l’effacement de la distance entre l’« Orient » fantasmé et les pulsions de l’homme occidental qui le regarde. Le spectateur est placé en position de jouir, malgré lui, d’une scène de mort et de volupté mêlées. C’est cette puissance trouble, jamais résolue, qui continue de fasciner devant l’œuvre.


L’Orient fantasmé

La Mort de Sardanapale s’inscrit dans un grand courant du XIXᵉ siècle : l’orientalisme, cette fascination des artistes et écrivains européens pour un Orient de rêve, sensuel, cruel et somptueux. Mais il faut préciser un point essentiel : en 1827, Delacroix n’a pas encore voyagé en Afrique du Nord.

Son grand voyage au Maroc, qui transformera durablement son art et lui révélera un Orient réel, observé, vécu, n’aura lieu qu’en 1832 — cinq ans après Sardanapale. L’Orient de cette toile est donc un Orient entièrement imaginé, reconstitué à partir de lectures, de gravures, d’objets exotiques et de l’imagination du peintre. C’est un Orient de fantasme, où se projettent les rêves et les angoisses de l’Europe romantique : la volupté débridée, le despotisme cruel, le luxe inouï, la sensualité et la violence sans frein.

Cet Orient fantasmé répondait à un imaginaire collectif de l’époque. Face à une Europe perçue comme rationnelle, bourgeoise et corsetée, l’Orient incarnait un ailleurs de tous les excès et de toutes les libertés — un espace où l’on pouvait projeter ce que la morale interdisait. Sardanapale, avec sa cour de femmes, son luxe et sa fin théâtrale, condensait tous ces fantasmes. Delacroix y déploie un répertoire d’étoffes chatoyantes, de bijoux, d’objets précieux, qui lui offre le prétexte idéal à un déploiement de couleurs chaudes et de matières.

Il est intéressant de comparer cet orientalisme rêvé de 1827 avec celui, nourri d’observation directe, qui suivra le voyage au Maroc. Après 1832, l’Orient de Delacroix deviendra plus sobre, plus vrai, plus digne — comme dans Femmes d’Alger dans leur appartement. Sardanapale appartient à la première manière : l’Orient comme pure projection de l’imaginaire, porté à son comble d’intensité dramatique et chromatique.


Le scandale du Salon de 1827

Lorsque Delacroix présente La Mort de Sardanapale au Salon de 1827, à l’âge de vingt-neuf ans, l’œuvre provoque un scandale d’une violence inouïe — le plus retentissant de toute sa carrière, plus encore que celui des Scènes des massacres de Scio trois ans plus tôt.

La critique est unanimement féroce. On reproche à l’œuvre son désordre, son immoralité, sa violence, son absence de leçon édifiante, sa composition jugée confuse et illisible. Un critique parle du « fanatisme de la laideur ». Pour les tenants de l’art académique, c’est une négation de toutes les règles, un naufrage du bon goût, une faute de peinture. Même les rares défenseurs de Delacroix sont déconcertés par tant d’audace. Son ami Victor Hugo lui-même n’ose pas prendre publiquement sa défense ; il attendra un an avant de confier, dans une lettre privée, que l’œuvre est une chose magnifique et si gigantesque qu’elle échappe aux esprits étroits.

Les conséquences sont lourdes. L’œuvre n’est pas achetée par l’État, contrairement aux toiles précédentes de Delacroix. Pire : l’administration des Beaux-Arts, choquée, fait comprendre au peintre qu’il compromet sa carrière et menace de lui retirer les commandes officielles. Pour un artiste qui dépendait de la reconnaissance institutionnelle et des commandes publiques, c’était un avertissement grave. Delacroix avait poussé l’audace romantique si loin qu’il s’était mis lui-même en danger.

Ce scandale marque un tournant. Sardanapale représente le point culminant — et presque le point de rupture — de la période la plus exaltée du romantisme de Delacroix. Après cette œuvre, échaudé par le rejet et soucieux de préserver sa carrière, le peintre tempérera quelque peu sa fougue, recherchant un équilibre entre son génie de la couleur et une plus grande maîtrise. La Liberté guidant le peuple, trois ans plus tard, sera déjà plus construite, plus contenue. Sardanapale reste ainsi le sommet flamboyant et indépassable de sa jeunesse romantique.


Le manifeste du romantisme contre le classicisme

La Mort de Sardanapale dépasse le cas particulier : elle est devenue le manifeste pictural du romantisme tout entier, dans son opposition au classicisme. À travers cette œuvre se joue l’un des grands affrontements esthétiques du XIXᵉ siècle.

Tout, dans la toile, s’oppose terme à terme aux principes du néoclassicisme alors dominant. Le classicisme prônait la sobriété des couleurs ; Delacroix déchaîne une palette ardente. Le classicisme exigeait un espace rigoureux et stable ; Delacroix précipite la scène dans un tourbillon déséquilibré. Le classicisme imposait un sujet moral et édifiant ; Delacroix peint un carnage amoral et trouble. Le classicisme cultivait la pureté de la ligne et du dessin ; Delacroix fait primer la couleur, la touche, le mouvement. Le classicisme recherchait l’idéal et la mesure ; Delacroix exalte la passion et l’excès.

Cette opposition incarne le grand duel de l’époque entre Delacroix et Jean-Auguste-Dominique Ingres, le champion du classicisme. À la même période, Ingres exposait des œuvres comme L’Apothéose d’Homère, manifeste de l’esthétique classique — composition équilibrée, dessin pur, sujet noble et ordonné. Face à cette sérénité maîtrisée, Sardanapale dressait le chaos, la couleur et la passion. Les deux œuvres résument deux conceptions opposées de la peinture : la ligne contre la couleur, la raison contre l’émotion, l’ordre contre l’élan.

L’histoire de l’art a, en grande partie, donné raison à Delacroix. Sa libération de la couleur, sa valorisation de la touche et du mouvement, son refus du fini lisse, son affirmation de l’imagination et de l’émotion ouvriront la voie à la peinture moderne — aux impressionnistes, puis aux fauves, à Matisse, qui hériteront de cette primauté de la couleur expressive. La Mort de Sardanapale, œuvre maudite de 1827, est ainsi l’une des matrices de l’art moderne.


Vingt ans de purgatoire — du rejet au Louvre

Le destin de La Mort de Sardanapale après le scandale de 1827 est celui d’une longue traversée du désert, avant une reconnaissance tardive.

Rejetée par la critique, non achetée par l’État, l’œuvre devient encombrante pour Delacroix lui-même. Trop grande, trop scandaleuse, invendable, elle reste sur les bras du peintre, qui la garde par-devers lui pendant près de vingt ans. Cette toile, qui aurait dû le consacrer, est devenue le symbole de son échec auprès de l’establishment artistique. Delacroix la tient à l’écart, comme une œuvre maudite.

Ce n’est que bien plus tard que le tableau trouve enfin acquéreur, puis chemine, au fil des collections et des ventes, vers la reconnaissance. La grande version finit par entrer dans les collections du musée du Louvre en 1921 — près d’un siècle après sa création, et bien après la mort de son auteur. Le conservateur des peintures du Louvre l’acquiert pour une somme considérable, faisant entrer au plus grand musée du monde l’œuvre que le Salon de 1827 avait vouée à l’opprobre. Le purgatoire avait duré, mais la consécration était totale.

Cette réhabilitation posthume illustre un phénomène fréquent dans l’histoire de l’art : les œuvres les plus en avance sur leur temps sont souvent les plus mal accueillies, avant d’être reconnues comme des chefs-d’œuvre par les générations suivantes. Ce que les contemporains de 1827 prenaient pour un naufrage du bon goût, nous le voyons aujourd’hui comme un sommet de l’audace créatrice. (Il existe par ailleurs une version réduite de l’œuvre, peinte par Delacroix en 1844, aujourd’hui conservée au Philadelphia Museum of Art.)


Postérité d’une œuvre maudite

Au fil du temps, La Mort de Sardanapale est passée du statut d’œuvre scandaleuse à celui de chef-d’œuvre célébré, exerçant une influence durable et inspirant artistes, écrivains et musiciens.

Les premiers à réhabiliter l’œuvre furent les poètes. Charles Baudelaire, fervent admirateur de Delacroix, voyait en lui le plus grand peintre de son temps et célébra la puissance de Sardanapale. Pour le poète des Fleurs du mal, sensible à l’alliance de la beauté et du mal, de la volupté et de la mort, cette toile incarnait une modernité profonde. La musique aussi s’empara du sujet : après Berlioz et sa cantate, Franz Liszt fut inspiré par le tableau et la pièce de Byron au point de concevoir un projet d’opéra.

L’influence picturale de l’œuvre est considérable. Par sa libération de la couleur et de la composition, par son intensité dramatique, Sardanapale a ouvert des voies que la peinture moderne explorera. Sa sensualité orientaliste, son déploiement de chairs et d’étoffes, trouveront un écho lointain chez Matisse et ses odalisques. Sa liberté formelle annonce l’émancipation des modernes vis-à-vis des règles académiques.

Aujourd’hui, La Mort de Sardanapale est considérée comme l’une des œuvres les plus importantes et les plus spectaculaires du romantisme, et l’un des joyaux du Louvre. Devant ce mur de couleur, de chair et de fureur, le visiteur du XXIᵉ siècle ressent encore quelque chose du choc qui dut saisir les visiteurs du Salon de 1827 — mais en y voyant, désormais, non plus un scandale, mais l’un des moments les plus libres et les plus puissants de toute la peinture française. L’œuvre maudite est devenue une gloire.


Comment voir l’œuvre aujourd’hui

La Mort de Sardanapale est conservée au musée du Louvre, à Paris, dans les salles consacrées à la grande peinture française du XIXᵉ siècle (aile Denon), non loin de La Liberté guidant le peuple. Ses dimensions monumentales en font l’une des œuvres les plus impressionnantes de cette section. L’entrée du Louvre donne accès à ces salles ; mieux vaut réserver à l’avance et privilégier les heures creuses.

Voir l’œuvre en vrai est une expérience que nulle reproduction ne remplace : seule la confrontation directe avec ce mur de près de vingt mètres carrés permet de ressentir la puissance du tourbillon, l’éclat des rouges, le foisonnement des détails et l’étrange impassibilité du roi au sommet de son bûcher.

Pour prolonger la découverte, le Louvre conserve les autres chefs-d’œuvre de Delacroix — La Liberté guidant le peuple, Scènes des massacres de Scio, La Barque de Dante, Femmes d’Alger dans leur appartement. Et le musée national Eugène-Delacroix, dans l’ancien atelier du peintre place de Furstenberg, offre un complément intime. Les amateurs pourront aussi chercher la version réduite de Sardanapale (1844) au Philadelphia Museum of Art, aux États-Unis.


Pour aller plus loin

Sources institutionnelles citées

  • Musée du Louvre, notice de La Mort de Sardanapale.
  • Musée national Eugène-Delacroix, article sur La Mort de Sardanapale.
  • Encyclopædia Universalis, article « Eugène Delacroix ».

Sources et études de référence

  • Charles Baudelaire, L’Œuvre et la vie d’Eugène Delacroix (1863) et Salons.
  • Lord Byron, Sardanapalus (1821).
  • Barthélemy Jobert, Delacroix, Gallimard, 1997.

Documentation institutionnelle

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